Société

Estuaire du Komo : la chefferie Mpongwè impose l’arrêt total des activités en mer

Dans une communication officielle datée du 31 mars 2026, la princesse Marie Anne Ankombie Rapontchombo a invité les usagers de la mer à interrompre temporairement leurs activités dans l’estuaire du Komo. En cause : la tenue imminente de cérémonies traditionnelles majeures, prévues au début du mois d’avril.

Cette décision, portée au nom du trône du roi Denis Rapontchombo, marque une prise de parole rare mais significative de l’autorité coutumière dans l’espace public. Elle s’adresse aussi bien aux opérateurs économiques qu’aux plaisanciers et pêcheurs, appelés à libérer les eaux concernées afin de permettre le bon déroulement des rites.

Des eaux mises à l’écart pour les rituels

Point central de ces cérémonies : la journée du dimanche 12 avril, dédiée aux offrandes en mer et dans les cours d’eau. Cette pratique, profondément ancrée dans la tradition Mpongwè, traduit le lien spirituel étroit entre ce peuple et les espaces maritimes de l’estuaire du Komo.

À cette occasion, toute navigation ou activité nautique devra être suspendue. Une mesure prolongée pour les pêcheurs, invités à observer une période de retrait allant jusqu’au 17 avril, afin de préserver le caractère sacré et la quiétude des lieux durant les rites.

Une autorité traditionnelle toujours active

Au-delà de la contrainte temporaire, cette initiative illustre la persistance et l’influence des institutions coutumières au Gabon. La zone de Pointe Denis, située en face de Libreville, ne se résume pas à son attractivité touristique : elle demeure un haut lieu symbolique et spirituel pour le royaume Mpongwè.

Par cette démarche, la chefferie réaffirme son rôle dans la gestion des espaces traditionnels, tout en privilégiant une approche apaisée. Le ton adopté, à la fois respectueux et conciliant, vise à obtenir l’adhésion des différents acteurs sans recourir à des mesures coercitives.

Dans un contexte où les enjeux économiques cohabitent avec les héritages culturels, cette décision rappelle que certains territoires restent investis d’une dimension sacrée, nécessitant ponctuellement une mise en retrait des activités modernes.

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